Depuis le 1er avril 2025, le Prêt à Taux Zéro (PTZ) fait peau neuve. Longtemps critiqué pour son accès limité, ce dispositif de soutien à l’accession à la propriété s’ouvre désormais à toutes les régions et tous types de logements neufs, y compris les maisons individuelles, exclues jusqu’ici dans le cadre d’un achat « classique ». Une avancée significative pour les ménages, notamment dans un contexte immobilier en crise.
Voici en détail les nouvelles règles du prêt à taux zéro version 2025, et pourquoi il pourrait changer la donne pour des millions de Français.
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Un PTZ désormais élargi à tout le territoire
Jusqu’à fin mars 2025, le PTZ était strictement réservé à des achats dans des zones dites « tendues » (zones A, A bis ou B1) et uniquement pour des logements neufs en habitat collectif. Autrement dit, des appartements, dans des grandes villes, où l’offre est bien inférieure à la demande.
Depuis le 1er avril 2025, ce n’est plus le cas. Désormais :
- Il est possible de financer une maison neuve avec un PTZ.
- Peu importe la localisation, toutes les communes de France sont désormais éligibles.
- L’achat peut concerner un appartement ou une maison individuelle, sans passer par des dispositifs spécifiques comme le bail réel solidaire ou la location-accession.
Cette extension, annoncée par Valérie Létard, ministre du Logement, s’applique depuis le 1er avril 2025 et jusqu’au 31 décembre 2027.

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Des quotités ajustées selon le type de logement et les revenus
Mais cette ouverture n’est pas uniforme. Le montant finançable via le PTZ dépend toujours du type de bien acheté et du niveau de revenus du foyer, réparti en quatre tranches.
Pour les appartements neufs
Le PTZ peut couvrir :
- Jusqu’à 50 % du montant de l’achat pour les foyers les plus modestes (tranche 1),
- 40 % pour les tranches 2 et 3,
- Et 20 % pour la tranche 4.
Pour les maisons neuves
L’aide est plus limitée :
- 30 % pour la tranche 1,
- 20 % pour les tranches 2 et 3,
- 10 % seulement pour les foyers de la tranche 4.
Cette différenciation vise à encourager l’habitat collectif, plus respectueux des objectifs de lutte contre l’artificialisation des sols.
Les conditions d’éligibilité en 2025
Pour bénéficier du Prêt à Taux Zéro, plusieurs conditions doivent être remplies :
- Être primo-accédant, c’est-à-dire ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux dernières années (sauf exceptions),
- Respecter des plafonds de ressources, variables selon le nombre de personnes dans le foyer et la localisation du bien,
- Acquérir un logement neuf, ou un ancien avec travaux représentant au moins 25 % du coût total de l’opération,
- Utiliser le logement comme résidence principale pendant au moins 6 ans.
Exemples de plafonds de ressources 2025
| Composition du foyer | Zone A | Zone B1 | Zone B2 | Zone C |
|---|---|---|---|---|
| 2 personnes | 73 500 € | 51 750 € | 47 250 € | 42 750 € |
| 4 personnes | 102 900 € | 72 450 € | 66 150 € | 59 850 € |
⚠️ Attention : les frais de notaire et d’assurance emprunteur ne sont pas couverts par le PTZ.
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Rappel : le PTZ n’est jamais un prêt unique
Il ne peut jamais financer la totalité du bien. Vous devrez nécessairement le compléter par un autre prêt : prêt immobilier classique, prêt d’accession sociale (PAS), prêt épargne logement (PEL)…
L’intérêt majeur du PTZ, c’est qu’il est sans intérêts et sans frais de dossier. Son remboursement se fait en deux temps :
- Une période de différé (2 à 10 ans selon les revenus), pendant laquelle vous ne remboursez rien,
- Puis une période de remboursement de 12 à 15 ans.

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Et pour les logements anciens ?
Dans l’ancien, pas de changement majeur. Le PTZ reste réservé :
- Aux achats de logements datant de plus de cinq ans,
- À condition d’effectuer des travaux de rénovation énergétique importants (au moins 25 % du coût total),
- Et principalement dans les zones détendues.
Les projets de rénovation doivent porter sur :
- L’isolation thermique,
- L’installation de systèmes utilisant des énergies renouvelables,
- L’amélioration des performances énergétiques globales.
Une réforme attendue… mais pas sans zones d’ombre
Le secteur du bâtiment, en crise depuis 2023, salue cette réforme. Pour Damien Hereng, président de la Fédération des constructeurs de maisons individuelles, c’est “la réforme dont le secteur avait besoin pour se relancer”.
Mais certains experts s’interrogent : le budget de l’État suivra-t-il ? Et l’échéance de 2027 est-elle suffisante pour avoir un impact durable ?
Norbert Fanchon, du groupe Gambetta, prévient : “Si le financement ne suit pas, ce sera un coup d’épée dans l’eau.”
Une opportunité à saisir rapidement
Le nouveau PTZ s’inscrit dans une stratégie plus large pour relancer la construction et faciliter l’accession à la propriété, surtout dans un contexte où les taux de crédit immobilier restent élevés.
Avec des conditions assouplies, un périmètre élargi et des possibilités de financement inédites, ce dispositif mérite d’être exploré par tous ceux qui envisagent d’acheter un logement.
Avant de vous lancer, pensez à :
- Faire une simulation gratuite sur le site de l’ANIL ou auprès d’un courtier,
- Comparer les offres bancaires,
- Bien vérifier votre éligibilité.
Car si le PTZ ne finance pas tout, il peut vraiment faire la différence dans la réussite d’un projet immobilier !






